L'autobus

Sortir de l’autobus est toujours le meilleur moment de tout le voyage. Au moment où la porte s’ouvre, on a enfin l’impression de respirer. Parce qu’à l’intérieur, Dieu seul sait à quel point on essaie de retenir notre souffle. Avant de sortir, on est soit assis, soit debout. Être assis, c’est bien, surtout sur un banc simple. Ça procure un sentiment d’intimité, comme s’il était ainsi possible de maintenir une barrière entre soi-même et le reste des passagers. Et c’est qu’il y en des passager! Certains sont très étranges et on évite de regarder dans leur direction. Mais la plupart on simplement l’air malheureux. C’est quelque chose que l’on constate rapidement : tout le monde semble toujours malheureux dans les autobus public. Encore un avantage d’être assis : on peut regarder par la fenêtre et ainsi éviter de regarder les gens. Rien n’est plus dépriment qu’une bande de personnes malheureuses. Quand on est debout c’est une autre histoire! Non-seulement on fini toujours par pousser quelqu'un, on ne peut pas non plus regarder par la fenêtre sans aussi regarder la personne qui est assise en face de la dites fenêtre. Ça peut devenir gênant parfois. La place que l’on occupe dans l’autobus est donc très importante. C’est en entrant que tout ce décide. Dans la file qui précède l’embarquement, on veut toujours être le premier à entrer pour pouvoir se lancer sur un banc. On regarde partout en espérant trouver la place qui marquera notre salut et si on ne la trouve pas on se tient proche de la porte. La porte se trouve elle-même proche de plusieurs bancs; on est donc prêt à sortir dès que notre arrêt sera proche ou à voler le banc de la première personne qui a atteint son arrêt. Bien sûr avant l’arriver de l’autobus on espère. On espère qu’il y aura encore des places assises. Mais le meilleur moment reste la sortie, car s’est là que l’on peut enfin respirer.